SYSTEMES D’AIDE A LA DECISION

Le problème…

Le choix du site pour un immeuble de bureaux, un complexe industriel, ou un bâtiment public est un problème décisionnel où plus de 50 % d’éléments qui influencent le choix final sont directement ou indirectement liés à la situation géographique et au contexte du terrain. Ces éléments qui changent d’un endroit à l’autre sont l’accessibilité, les contraintes dans l’utilisation du sol, le prix, la disponibilité du terrain, la fiscalité, les équipements techniques et collectifs, le cadre de vie, la proximité de la main d’œuvre, l’existence du marché etc. Le fait d’avoir plusieurs possibilités d’implantation, de multiples critères de sélection ainsi que de nombreuses variantes de réalisation rend souvent le choix de l’endroit « idéal » extrêmement complexe.

…et sa solution

Les systèmes d’aide à la décision permettent de profiter des données sur le territoire afin de fournir aux responsables les informations nécessaires pour faire les choix. A la base de ces outils se trouvent les systèmes d'information du territoire (SIT), qui sont des bases de données à référence spatiale, permettant de gérer l’ensemble des éléments cartographiques et alphanumériques qui se réfèrent à une portion de territoire. Si les SIT font le noyau central des outils décisionnels, d’autres instruments plus ciblés permettent de tirer parti d’informations ainsi structurées et stockées. Il s’agit de modules d’évaluation, de faisabilité, d’image de synthèse etc. En donnant la mesure de la qualité d’un objet et de son prix, ils aident à prendre les décisions en toute connaissance de cause.

SYSTÈMES D’INFORMATION DU TERRITOIRE (SIT)

Faisant partie des systèmes d’information à référence spatiale (SIRS), les SIT sont les bases de données dont le but est de modéliser le territoire.

A la base d’un SIT se trouve un dessin vectoriel, dans la plupart des cas le plan de cadastre. Ce dessin informatique est composé de plusieurs couches thématiques (parcelles, bâtiments, circulations, infrastructures etc.) Chaque couche est composée de plusieurs objets. Par exemple, dans la couche BATIMENT se trouvent toutes les constructions hors sol.

Chaque objet est représenté par sa forme géométrique (polygone, ligne, point) à laquelle sont attachées les autres informations. Pour un bâtiment, les attributs peuvent être la surface au sol, le type, l’année de construction, la surface utile, le nombre de locaux, le propriétaire etc.

Comme dans d’autres bases de données relationnelles, chaque objet est défini par un identificateur unique qui le distingue des autres objets de la même catégorie. Cet identificateur permet, entre autre, d’attacher à un objet des informations provenant d’autres sources.

Les logiciels SIT facilitent la saisie, la gestion et l’analyse de données. Ils permettent d’effectuer des opérations de base telles que la sélection, l’affichage thématique, le changement d’échelle, la superposition etc. Ils permettent également de calculer des nouveaux attributs à partir de données de base. Enfin, ils englobent une série d’outils pour l’analyse de phénomènes spatiaux..

Les logiciels SIT contemporains sont ouverts aux adaptations en fonction des besoins spécifiques de l’utilisateur. Les macros ou les programmes en SQL (Standard Query language), Visual Basic ou autres langages de programmation permettent d’automatiser les tâches répétitives et d’accélérer le travail tout en améliorant sa qualité. Il est ainsi possible d’établir automatiquement la fiche synthétique d’un objet, de calculer le potentiel d’un secteur ou de produire un rapport récapitulatif.

EVALUATION MULTICRITERE

Selon la méthode LSP (Logic Scoring of Preference)

La méthode LSP est une technique d’optimisation du choix. Elle prend en compte les données de base fournies par l’outil SIT, d’une part, et les critères de l’utilisateur de l’autre.

L’application de la méthode comprend les points suivants :

  • Etude de faisabilité
  • Spécification des variables à évaluer
  • Définition des critères d’évaluation
  • Spécification de la structure d’agrégation
  • Evaluation, comparaison et sélection

 

Etude de faisabilité

L’étude de faisabilité réalise un inventaire de besoins de l’investisseur et définit une structure « idéale » susceptible de la satisfaire. L’étude de faisabilité part de l’hypothèse que tous les besoins peuvent être satisfaits au plus haut niveau. Etant donné qu’elle satisfait 100 % de besoins à un prix qui sera considéré comme le prix maximum, cette solution « idéale » sert de référence pour apprécier les solutions concrètes. Le prix ainsi évalué est un prix global, comprenant le coût de l’objet et celui de toutes les interventions induites. L’évaluation de solutions concrètes part de l’hypothèse que leur qualité et leur prix seront dans tous les cas inférieurs ou égaux à cette valeur de référence (100 %).

 

Spécification des variables à évaluer

Les variables à évaluer sont les caractéristiques essentielles de l’objet qui permettent de mesurer sa pertinence par rapport aux besoins définis. Par exemple, si l’investisseur a besoin d’une quantité importante d’eau pour son activité, les variables à prendre en compte seront la marge entre la production maximale et la consommation existante, les fluctuations annuelles et la capacité du réseau d’approvisionnement. Pour mesurer la capacité d’un terrain d’accueillir une unité de production, les variables à prendre en compte seront la surface de la parcelle, sa forme et les contraintes susceptibles de réduire l’utilisation du sol. Le nombre de variables considérées doit être suffisant pour évaluer toutes les exigences que le système doit satisfaire. Dans les cas simples, il est environ de 30 et dans les cas plus compliqués il peut être de 100 ou 120.

 

Définition des critères d’évaluation

Les critères d’évaluation sont les valeurs en fonction desquelles les variables sont appréciées. Si l’accessibilité en voiture est une variable à prendre en compte, par une échelle de 1 à 10, où 1 minute de temps d’accès = 100 % et 10 (min. ou plus) = 0 % de satisfaction.

Si le temps d’accès réel pour une localisation est de 5 minutes, le degré de satisfaction sera de 50 % (relation linéaire). Dans le cas d’une relation non linéaire, l’utilisateur est libre de fixer d’autres valeurs.

 

Spécification de la structure d’agrégation

La structure d’agrégation est la définition du poids des variables ainsi que du rapport entre celles-ci. L’investisseur est libre de définir le poids de chaque variable et la relation avec les autres au sein d’un groupe. Les relations entre les groupes et leur poids sont également définis librement. Par exemple, les variables pour évaluer l’accessibilité d’un endroit par route peuvent être le temps d’accès (poids 50), la sécurité de la route d’accès (30) et le nombre de localités traversées par cette route (20). La somme des poids des variables au sein d’un groupe est de 100 %.

En ce qui concerne les relations, il est possible d’exiger que les critères soient satisfaits à des degrés comparables, mais il est également possible de dire que le degré de satisfaction élevé d’un critère peut compenser la faiblesse des autres. Ces réglages fins sons susceptibles d’influencer l’évaluation globale afin de la rendre plus proche des vœux de l’investisseur.

 

Evaluation, comparaison et sélection de systèmes

Avant de passer à l’évaluation, il est nécessaire de vérifier si les données de toutes les localisations sont disponibles. Si tel est le cas, le processus d’agrégation peut se faire pour chaque cas examiné (localisation). Ce processus est le calcul de la qualité générale. Elle est établie en fonction du degré de satisfaction de chaque critère, tout en tenant compte de leur poids et de leurs relations. La qualité générale se présente sous la forme d’une note entre 0 et 1 où 0 représente 0 % et 1 = 100 % de satisfaction de l’ensemble des critères. En d’autres mots, la note générale reflète la qualité de l’objet à la fois au sens absolu et relatif. En effet, elle montre comment l’objet répond à l’ensemble des exigences (exprimées par les variables et les critères) et quelle est sa valeur par rapport aux autres.

Toutefois, la qualité est seulement un élément de l’évaluation finale, l’autre étant le prix. Le prix est composé des coûts directs (aménagement du complexe) et indirects (modifications, compensations, interventions induites etc.) de la mise en valeur. Ce prix global est calculé grâce à la fiche de faisabilité (voir ci-dessous). Une fois le prix global établi, il est possible de représenter les rapports qualité - prix dans un diagramme. Il appartient aux décideurs de faire le choix final.

 

Fiche de faisabilité

La fiche de faisabilité est une méthode simple et rapide pour évaluer le potentiel d’une localisation ainsi que le prix de sa mise en valeur. La fiche de faisabilité représente une hypothèse de développement du site basée sur les besoins de l’investisseur.

La démarche consiste à disposer toutes les constructions et les équipements nécessaires dans les limites de la propriété. Le résultat doit être une solution plausible du point de vue de la fonctionnalité et des indicateurs exigés par le programme (surface, nombre de locaux, structure de locaux, places de parc etc.). Les éventuelles interventions induites sont repérées et analysées. Les données en question sont rajoutées aux données du SIT. A partir de là, toutes les opérations qu’on peut effectuer sur les données de base sont également possibles sur cet ensemble élargi. Une évaluation plus fine peut également être effectuée en prenant en considération les données détaillées. Elle peut traiter les parties fonctionnelles du complexe comme des sub - systèmes dont les qualités peuvent être évaluées séparément. Il est ainsi possible de combiner les différentes variantes des éléments du projet pour arriver à la meilleure structure d’ensemble possible.